En septembre , retrouvez la compagnie à Avignon sur l'île de la Barthelasse

 

"Je suis parti de rien et je m'en vais au tout",

se répète le vieillard parti n'importe comment, parti on ne sait quand, allant on ne sait où, chercher n'importe quoi.

 

"Il n'y a pas l'ombre d'un doute me voilà arrivé",

s’exclama t-il devant la première souche qui passa sous son nez. Mais de là un animal sortit bien intrigué de voir un vieil homme, coiffé n'importe comment, planté devant son habitat.

"Ah mais oui bien sûr l'ancêtre, vous devez chercher la forêt magique, c'est dans cette direction , au revoir."

C'est ainsi que l'homme sût la direction qu'il devait emprunter ainsi que... ce qu'il cherchait.

 

Il marcha trois jours et trois nuits sans s'arrêter car c'est la première fois qu'il avait un idéal, ah il n'aurait pas voulu le troquer même contre quelques joyaux. Il en avait vu des émeraudes, des saphirs, des rubis dans son ancienne caverne. Mais il avait beau se répéter qu'il les possédaient tous; il dû bien admettre qu'ils ne lui apportaient : rien.

 

Rendu dans un vallon le voyageur retira ses bottes de cuir s'allongea et contempla les étoiles merveilleuses. Et quand le soleil brilla de tout son or il dû se remettre en marche.

"C'est étrange que je ne sois pas arrivé, j'ai toujours été à l'heure à mes rendez-vous",

s'étonna t-il.

Et son esprit le conduisit à formuler une requête toute particulière, adressée à... n'importe qui.

"J'ai b'soin d'compagnon pour la traversée",

car il se tenait à présent devant un fleuve.

A l'auberge du village voisin il obtint un navire et son équipage de cinq jeunes gaillards pour seulement un saphir, et l'occasion de se faire des amis. Il réunit son équipe et son cœur pencha en faveur de six femmes supplémentaires;

"Six femmes sur un navire c'est un porte bonheur",

inventa le drôle.

 

Le ciel était noir.

Pendant la traversée du fleuve qui devait se faire d'est en ouest, une tempête éclata et le beau navire dériva vers le sud en suivant le cours de l'eau. Quand tout se fut calmé la nuit était tombée et ils ne purent savoir où ils étaient. Le capitaine se réveilla en sursaut, certains manquaient à l'appel. Ils avaient atterris dans un champ de lucioles dans une petite clairière, le spectacle dépassait tout entendement.

 

Lorsqu'une luciole se posa sur ses lèvres, l'homme se mit à parler :

"Voyageurs, la forêt magique est en danger, des champignons sont en train de la dévaster, ils atteindront bientôt son cœur !"

Ils se mirent immédiatement en route, traversèrent les fourrées et entrèrent dans la forêt magique où un centaure leurs servit de guide. Arrivés devant le grand Frêne, la troupe entière versa des larmes de bonheur, puis de tristesse quand ils s'aperçurent que le champignon était sur le point de le contaminer.

 

Chacun se sentait asphyxié.

 

Alors survint une musique, une mélodie douce qui résonnait dans le monde. Des papillons surgirent de toute part, le jeune homme saisit l'occasion et déracina l'arbre millénaire avec une étonnante facilité et ils s'envolèrent.

 

C'est ainsi que le Frêne-En-Ciel aux solides racines et aux ailes multiples porte la forme d'un champignon et un équipage qui change et qui grandi. Il est le cœur de la forêt en mouvement.

 

Toujours on ne sait-où,

jamais n'importe quand,

devant chez-vous en un coup d'vent.